Les pans et battées: comment choisir l’outil qu’il vous faut

Dans Orpaillage
dossier comparatif les battées et pans

Le pan est l’outil indispensable dont vous avez besoin pour débuter en orpaillage. Quel est donc la différence entre un pan et une battée ? Quel diamètre, type ou couleur choisir ? C’est ce que nous allons vous expliquer dans ce dossier. Retrouvez les meilleurs pans ici: http://www.shop-lefouilleur.com/v2/fr/221-kits-d-orpaillage-pans-et-tamis

Pan ou batée ?

Dans l’inconscient collectif, quand on parle d’orpaillage, on a tous en tête l’image du chapeau chinois. C’est ce que l’on appelle « la batée ».
Les « pans » ou « pans américain » ont fait leur apparition et sont de plus en plus populaires depuis 30 ans. Le pan se traduit en français par « poêle » : rien à voir ici avec un détecteur de métaux !
Ils servent tous les deux à récolter de l’or sous forme de paillettes en présence d’eau le plus souvent. Mais en y regardant de plus près, leurs utilisations sont assez différentes.

La batée

La batée (ou chapeau chinois) est encore utilisée mais plus pour un certain folklore que pour son efficacité. Son principe d’utilisation repose sur la densité élevée de l’or comme c’est toujours le cas en orpaillage et sur la force centrifuge. Pour un débutant, elle est assez difficile à utiliser car elle requiert une certaine dextérité et un temps d’apprentissage.
En orpaillage, les actions hydrodynamiques qui sont utilisées sont la poussée d’Archimède, la densité des matériaux et ce que l’on appelle la « capacité » de l’eau ou d’un courant. La « capacité » de l’eau est son aptitude à déplacer des masses solides sous l’effet de son mouvement. On dit que plus il y a du courant et de débit, plus la capacité de l’eau est important sur tel ou tel objet. Plus la densité de cet objet est importante, plus il faudra de capacité à l’eau pour le mouvoir. La batée nécessite un tamisage préalable.

A droite, une batée en forme conique fermée, garde pour principe que les matériaux les plus lourds vont rester dans la partie la plus centrale. En présence d’eau (environ 1/6ème du volume de la batée), l’orpailleur opère une rotation de l’ensemble sable-eau. La rotation de la batée exerce sur l’eau et le sable la célèbre force centrifuge. L’orpailleur se sert de la masse d’eau dans la batée pour exercer sur le sable un entrainement vers l’extérieur. L’eau va donc trier les sables les moins denses pour les expulser vers l’extérieur. Plus la rotation de la batée est forte, plus la capacité de l’eau dans la batée est importante et plus les sables les plus denses seront mis en mouvement et éjectés à leurs tour. C’est donc une décantation progressive qui s’effectue jusqu’à ne conserver que le sable noir, minéraux semi-précieux et paillettes d’or.

Le pan American

Même si le pan ressemble à la batée, son utilisation est bien différente et surtout bien plus simple aisée. Cette « poêle » bien particulière possède un fond plat et sur une partie des bordures des « riffles », sortes de petites marches comme sur une rampe ou sluice. Son utilisation se base essentiellement sur la densité élevée de l’or et moins sur la force centrifuge. On travaille toujours en présence d’eau.

Comme avec la batée, la toute première étape est de secouer les graviers, en présence d’eau,  pour faire descendre l’or au fond. Le fait de secouer le pan permet de mettre en suspension tous les graviers et sables dans l’eau. Par effet de gravité, les sables légers remontent à la surface, alors que le lourd descend. On procède alors à un « lavage partiel » des graviers dans le pan en se servant des  riffles comme autant de digues, par effet de débordement.

L’or, lourd, se retrouve coincé au pied des riffles. On recommence alors l’opération jusqu’à avoir une quantité la plus faible possible de sable. Normalement, vous devriez apercevoir du sable noir et même quelques paillettes d’or. On utiliser ensuite la partie lisse des bordures pour finir le nettoyage et récupérer le métal jaune
Le pan est aujourd’hui l’outil le plus vendu car le plus simple à utiliser. C’est celui-là qu’il faut privilégier.  C’est pourquoi les fabricants les incluent systématiquement dans leurs kits pour débuter.

Critères pour choisir son pan

D’apparence simple, il existe pourtant de nombreuses formes de pans américains qui se différencient par leur taille, leur matière, leur forme, leur type de riffles et leur couleur.

– La forme
La forme de base d’un pan américain est circulaire de forme conique tronquée. La différence se fait au niveau de l’angle et de la profondeur des bords du pan. Il n’y a pas de mauvais choix en soit sur ce point. C’est simplement une question de préférence personnelle. Dans les faits, il en existe certains pourvus d’angles plus ouverts que d’autres (l’exemple parfait est le pan de chez karma qui est plus plat). Un angle ouvert permet de bénéficier d’une surface de nettoyage plus importante lors des phases de rinçage mais octroie une quantité à traiter plus faible (le pan est moins haut et a donc une contenance moindre). Le Karma étant moins profond il est plus maniable. A l’inverse, un angle plus fermé (comme sur les pans Goldblitz ou Minelab) permet une capacité de contenance plus importante mais demande des mouvements plus précis lors du rinçage. Si vous débutez, privilégiez donc un pan moins profond.

– La matière
Il existe des pans en acier inoxydable ou en plastique. Un pan en acier est durable dans le temps mais il coute plus cher. Il en existe en plastique pour un prix moindre. Comme vous le savez tous les types de plastiques ne se valent pas ! Certains pans sont plus fragiles que d’autres et ont tendance à se fissurer assez facilement. Préférez ceux dont le plastique est assez « mou » et épais. Le top est ce qui est utilisé par Minelab ou Goldblitz.

– Les dimensions
Les pans existent en divers diamètres: 6, 8, 10, 12, 14, 15, 16 et 17 pouces (soit de 15 à 43 cm de diamètre). La taille standard est de 14 pouces soit 35,5 cm de diamètre et s’avère être le meilleur compromis en terme de capacité et facilité de manipulation lors du lavage. Les pans plus petits sont parfaits pour la finition et donc pour nettoyer les concentrés tranquillement à la maison.

– La couleur
Noir, bleu, violet, vert, rouge : il y en a pour tous les goûts. Le but du jeu est d’obtenir le meilleur contraste en fonction de ce que vous cherchez et de la lumière du jour. On ne cherche pas que le jaune de l’or mais egalement le sable noir. Pensez également au rouge des grenats (présent dans la Garonne et en Bretagne). Ainsi un pan de couleur noire rend un parfait contraste entre le jaune de l’or mais ne permet pas de distinguer le sable noir. On s’en sert donc pour traiter les concentrés après la prospection. On vous déconseille le rouge. Voici les critères de choix de couleur :

Violet/bleu-nuit: le bleu foncé est la couleur optimale. Il offre un grand contraste avec l’or brillant et ce quel que soit le degré de lumière du jour. Cette couleur est utilisée par Minelab également. Il permet de prospecter sur zone inconnue afin de rechercher tout type de matériaux: or et sable noir.

Noir:  le contraste avec l’or est parfait mais la visibilité du sable noir est mauvaise. Dans de nombreux cas, le sable noir n’est pas vu du tout. On va privilégier un pan noir pour traiter les concentrés, c’est à dire pour isoler les paillettes d’or du sable noir. On l’utilise après en complément d’un pan vert ou un pan bleu/violet. Si vous voulez deux pans, vous pouvez opter pour un noire en toute sécurité en plus d’un vert ou d’un bleu.

Vert: c’est la couleur passe-partout. Elle est proposée dans les kits Garrett ou Karma. La visibilité du sable noir est très bonne, le contraste avec l’or est normal (donc ni très bon ni très mauvais). Dans l’ombre, le contraste devient moins bon qu’avec un pan violet/bleu nuit

Si vous débutez mieux vaut prendre un pan vert. A mesure que vous vous perfectionnez dans ce loisir remplacez le vert par un modèle noir pour traiter les concentrés (le sable noir que vous ramenez chez vous) plus un modèle bleu/violet pour la prospection.

– Les riffles :
Il existe 2 formes de riffles : des riffles en escalier et des riffles qui s’apparentent à des nervures. À choisir, il vaut mieux s’orienter vers des pans à riffles en forme d’escalier, plus efficaces. Les tailles sont variables selon les pans (plus ou moins gros) et sur certains, il y a des tailles de riffles différents. Techniquement, les riffles ne servent pas à grand-chose si on sait utiliser un pan correctement. Mais les riffles permettent d’éviter la catastrophe en cas d’erreurs. C’est plus une assurance de ne pas perdre d‘or. Certains pans haut de gamme comme les Goldblitz ou Minelab alternent deux types/tailles de riffles. Sur le pan Minelab, les plus petites ressemblent s’apparentent à un tapis VMAT et capturent les paillettes d’or les plus fines.

Les pans « exotiques »

Les industriels de l’orpaillage débordent d’imagination en matière de design avec plus ou moins de réussite sur le terrain ! C’est aussi une des principales qualités d’un orpailleur ; avoir l’esprit ouvert pour trouver de nouvelles formes et faciliter l’utilisation des pans. Même si on peut affirmer, sans trop se tromper, que tous les pans se ressemblent; toutefois certains valent le coup d’être présentés.

– Le turbopan :ce pan très atypique vient d’Australie. Il est énormément utilisé en compétition d’orpaillage et utile pour la prospection. C’est un pas relativement plat avec un trou (puit à or) en son centre. Il est constitué de 3 parties : une zone de riffles en spirale, une zone de riffles plates concentriques en son fond et une série de riffles sur une partie du bord relevé. Son utilisation est très particulière car il est à mi-chemin entre un pan américain et une batée. Il s’utilise en 3 phases. Une fois le gravier déposé, toujours en présence d’eau, on fait tourner le pan dans les sens inverse antihoraire afin de faire éjecter les graviers légers. Les riffles en spirale bloquent l’or derrière eux. Ensuite on tourne dans le sens horaire pour vider les riffles et placer les matériaux coincé dans le puis à or. On répète ces 2 mouvements jusqu’à obtenir le moins de matériaux dans le puit. Enfin, on se sert des riffles concentriques pour faire du «panning» comme avec un pan américain. Le gros avantage de ce pan c’est que le nettoyage est plus rapide qu’avec un pan traditionnel. Le défaut est qu’il est difficile d’isoler les paillettes en fin de pan (à cause du puit à or positionné au centre). C’est donc un pan qui s’utilise très bien pour faire de la prospection, mais pas du tout adapté pour traiter des concentrés. Le pan Hurricane proposé par Karma s’apparente au Turbo Pan et est disponible dans le kit Karma.

– Le gold grabber : ce pan est pourvu d’une forme très particulière : un coté arrondi avec des riffles comme sur un pan classique et un coté rectangulaire et lisse. C’est un pan qui s’inspire du Trap Square Gold Pan. L’avantage de ce pan est qu’il est possible de traiter une plus grande quantité de graviers aurifères. La forme plate facilite le nettoyage final et son fond rectangulaire et plat facilite la récupération de l’or avec sa pissette. Il n’a pas vraiment d’inconvénient hormis sa taille plus grande qui le rend moins maniable

– Le Hog Pan : c’est LE pan grande capacité. Cet outil n’a rien à voir avec le nom qu’il porte. Ce n’est pas un pan mais bien une machine manuelle très bien pensée. Pour comprendre comme fonctionne ce « pan », il faut imaginer un gros entonnoir et une grille métallique en son fond, recouvrant une petite boite creuse, entre-ouverte par de fines ouïes sur le haut de la boite sur chaque face. Le fond de la boite est tapissé de tapis strié en caoutchouc. On remplit l’entonnoir de graviers bruts. On place le pan dans l’eau avec juste les poignées en surface. On secoue vigoureusement le pan, toujours en présence d’eau. Le pan tamise les graviers. Sable et or rentrent dans la boite. Les gravas sont évacués et on peut ainsi charger à nouveau. Mais du coté de la boite en dessous, il se passe egalement pas mal de choses ! Cette boite est constamment immergée. Les mouvements latéraux du pan mélangent les sables et les mettent en suspension. Les ouïes servent à la fois à faire rentrer de l’eau et à la faire sortir. Les mouvements de secousses entrainent l’or au fond tandis que les particules plus légères remontent par gravité (c’est exactement ce qu’il se passe quand on secoue un pan traditionnel) et s’évacuent par les ouïes. Clairement, c’est un outil idéal quand on travaille sur une zone sans courant. Par graduation de densité, le colmatage est limité ce qui évite de recourir à des nettoyages toutes les 5 minutes. Hélas cet outil ne se trouve qu’en import pour un prix proche des 300 euros.

– Le trinity glowblue : au premier abord, ce pan ressemble aux autres pans : rond, bleu, avec des riffles et le coté lisse. A y voir plus près on aperçoit des choses bizarres ! On trouve un piège à or du coté normalement lisse. A l’intérieur de ce piège à or se trouvent de petites riffles en V, puis sur le bord relevé, un canal implanté de marche. Ce concept d’utilisation est assez malin. Il s’utilise pour le tri final afin de chasser au maximum le sable noir, en penchant le pan en présence d’eau, et en faisant des mouvements amples latéralement. Le but est de se servir du canal et de faire passer le sable noir par-dessus les marches.
Évidemment, il en existe beaucoup d’autres que nous ne pouvons pas énumérer sans empiéter sur les pages dédiées à la détection ! Même si certains de ces pans sont assez «sympas et atypiques», rappelez-vous que le design est souvent un moyen de vendre «plus cher» et qu’au final, la simplicité permet d’obtenir le meilleur rapport qualité/efficacité !

Quelques règles d’or pour finir

– En prospection, ne jamais utiliser de tamis. Quand je parle de « prospection », je fais allusion à l’étape de quantification des paillettes sur une zone donnée par rapport. Si la zone est prometteuse par rapport à ce que vous trouvez dans le pan, alors vous pouvez poser votre sluice et passer à l’exploitation. On ne pose jamais sa rampe dans une zone inconnue. L’explication se trouve dans l’article « les tamis » qui sera publié dans le prochain numéro. On utilise un tamis seulement lors de la 2eme phase à savoir celle de l’exploitation !

– Quand on pratique le panning (orpaillage au pan), il ne faut pas avoir peur de bien secouer au moment du débourbage c’est-à-dire au tout début, quand la quantité de gravier est maximale. Le débourbage a pour but de casser les morceaux d’argiles grâce aux cailloux. En réalité, chaque fois que vous secouez votre pan à plat, il faut y aller fort car cela permet une meilleure migration des graviers légers vers le haut et des lourds vers le bas (lit fluidisé). Ne vous inquiétez pas, vous ne perdrez pas d’or !

– La phase de tri des concentrés au pan est très délicate. Le concentré étant le résultat de ce qu’on récolte après un traitement au sluice, les graviers ainsi récupérés ont des écarts de densité très faibles. La séparation des sables lourds et de l’or peut alors devenir assez difficile. Evitez de le faire sur place au bord de l’eau. Privilégiez un traitement tranquille, chez soit au calme avec une bassine d’eau. Vous pouvez même trier hors saison quand les débits de rivière sont trop hauts ! Traitez petite quantité par petite quantité. Si vous en mettez trop à la fois, vous allez vous décourager. De surcroit, le tri est plus simple avec peu de matériel dans le pan.

– Plus un pan prend de l’âge, plus il se bonifie. Plus vous allez utiliser un pan, plus il sera rayé par les graviers au fur et à mesure de son utilisation. Quand on utilise un pan, on se sert de la densité des matériaux pour garder le plus lourd : l’or. Le plus léger est évacué. La rugosité d’un pan aide beaucoup à accrocher encore mieux l’or sur la surface du pan. Certains fabricants ont bien pris en compte ce principe. C’est le cas du Trap Square Gold Pan ou des pans Minelab qui offrent des surfaces volontairement adhérentes et rugueuses. Pour les autres qui sont plus lisses, on peut très bien passer du papier de verre pour user, rayer et donc vieillir son pan.

– Entrainez-vous chez vous ! Une bassine, un peu d’eau, un peu de gravier et quelques paillettes. Essayez le tapping passif ou actif (action de taper sur le haut ou le coté du pan pour isoler l’or des graviers) qui est très utile pour le tri final et celui des concentrés mais qui demande un long temps d’apprentissage.

 

Vous serez intéressé par:

rallye de detection de metaux le fouilleur

Billeterie ouverte pour DETECTLAND 3

La billeterie pour le Rallye Detectland 3 est ouverte. Tout est résumé dans la vidéo ci-dessus. ►►►Achat de billets

Lire la suite...
banner-detectival

Partez au rallye Detectival à prix coûtant grâce au Fouilleur !

Cette année, le Fouilleur vous emmène au Detectival, le plus grand Rallye de détection au monde qui se déroule

Lire la suite...
profind35

Pinpointer Minelab Profind 35

Après l’Equinox, Minelab nous sort un 2ème produit super innovant de son chapeau: le Profind 35. En plus d’être

Lire la suite...

Mobile Sliding Menu