[Matériel] Le sluice CALEDONIAN

Dans Orpaillage
20160909_132128

Le CALEDONIAN est une rampe de lavage d’origine écossaise créé par Leon KIRCK en 2006. Elle très populaire dans les pays nordiques où il s’en vend quelques 10 000 par an. Elle se décline en 3 tailles :la MINI (60cm), la NORMAL (76 cm) et le SUPER (100 cm). A l’origine elle était entièrement en fibre de verre pour une production de faible série, mais face à la grande demande, son créateur a opté pour un plastique ABS afin de pouvoir fabriquer en grand nombre tout à conservant sa qualité de fabrication d’origine.

bien rmettre le cours d'eau en etat après orpaillage
Il est important de remettre dans son état initial le lit des cours d’eau prospectés

C’est 3 rampes sont maintenant, disponible en France dont Le Fouilleur à l’exclusivité. http://www.shop-lefouilleur.com/v2/fr/136-orpaillage

Mais au-delà de son aspect atypique, c’est une rampe qui a été remarquablement bien étudié afin de proposer à l’orpailleur un produit fiable et facile à utiliser.

1/ Mais que se cache t il dans ce « capot » ?

La première chose que l’on remarque c’est que ça forme particulière. Une forme de sablier (pour le cas du CLASSIC et MAXI) et aucun tapis. Le caledonian fait partie de la famille des sluice stream (rampe de courant) sans tapis. En effet, il n’y a aucune manipulation de tapis ou de démontage ; les pièges à or font partie intégrante du corps de la rampe.

Quand on l’a entre les mains, la première chose qui peut choquer est sont poids plume : 800 grammes de plastique contre 4 kg pour le poids moyen d’une rampe classique. Mais n’allais pas croire qu’elle est fragile.

D’un point de vu purement technique, le caledonian est un condensé de bonnes idées afin de piéger aussi bien les pépites que le plus petit point d’or.

 

NB : un petit rappel sur le déplacement de l’or.

L’or est un métal dense. Le plus dense que l’on peut trouver dans nos rivières (sauf quelques rares exceptions) avec une masse volumique de 19.3 kg/dm3. De ce fait, l’or se déplace très lentement dans l’eau lors des crues et se bloque lorsque le courant devient plus calme ou lors d’un baisse soudaine de pression (comme derrière un rocher par exemple, ou un trou). Il se passe exactement le même processus dans une rampe de lavage.

 

Le 1er principe physique qu’exploite le caledonian, de part sa forme,est l’effet Venturi. Si on se réfère à un cours magistral de physique sur la dynamique des fluides, on peut lire de l’effet Venturi ceci : si le débit de fluide est constant et que le diamètre diminue, la vitesse augmente nécessairement ; du fait de la conservation de l’énergie, l’augmentation d’énergie cinétique se traduit par une diminution d’énergie élastique, c’est-à-dire une dépression.

1200px-Venturifixed2

Pour faire simple, la partie étroite du caledonian permet à la fois une accélération du courant circulant dans la rampe (entonnoir) jusqu’à sa partie la plus étroite tout à générant à cette endroit précis une dépression. Or, l’or, avec sa forte densité, se dépose justement dans les zones de dépression.

 

Le 2ème principe physique qu’utilise le caledonian est le courant d’Eddie (ou le vortex derrière un obstacle).

L’effet du vortex derrière des riffles (tasseaux)
L’effet du vortex derrière des riffles (tasseaux)

Si un obstacle s’érige devant un courant, il va se créer derrière lui un courant tourbillonnant juste derrière lui; c’est le courant d’Eddie. Ce vortex est créé par une chute brutale de l’eau dans une zone de dépression (vide) et génère un effet cyclonique du courant juste derrière l’obstacle. Ce vortex puise sont énergie par le courant d’eau circulant au dessus de lui et devient circulaire et continue (tant que le courant circule). Un courant inverse va se créer sur le fond de la rampe, derrière chaque riffle.

Ici, les sables aurifères entrainés par le courant vont gravir chaque obstacle. La chute de pression du au vortex, va piéger l’or et les particules les plus lourdes juste derrière les riffles. Ce courant cyclonique va donc bloquer les particules lourdes derrière et au pied de l’obstacle ; les plus légères vont, au contraire, être en trainées par le courant et/ou éjectées du piège.

Le caledonian utilise entièrement ce système de vortex pour piéger l’or.

 

Si on regarde maintenant le fond de la rampe, on peut apercevoir 3 zones distinctes :

A/ un tapis de caoutchouc trié en V

B/ un première série de radiers (riffles) en marmite

C/ et une série de riffles en triangulaire excentrés vers l’arrière.

Sans titre12

A/ Le tapis trié en V :

20161010_172446

Comme sur la plus part des sluices, le tapis triés de caoutchouc en V (V mat) n’est pas réellement un piège à or. Placé en début de la rampe au milieu du flare (entonnoir), son rôle est uniquement de révéler la présence d’or dans le gravier en cours de traitement. Le flare étant une zone d’accélération du courant, c’est également la zone de chargement de la rampe en graviers. Le courant entrainant en premier les matières les moins denses, au cours de ce débourbage, l’or va descendre au plus bas de la rampe avant de se laisser entrainer vers l’aval en roulant au fond. Les striés formant de mini-pièges, ils permettent à l’orpailleur de visualiser aisément le passage de l’or pouvant même rester bloquer.

 

B/ les riffles en marmite :

20161010_172506

Ce situant encore dans la zone d’accélération du flare, la forme des riffles est assez particulière. On nomme ces riffles des « marmites ». Dans le milieu naturel, les marmites sont des trous à la surface de la roche mère (bedrock) du lit de la rivière généralement lisse et plate dans des zones où le courant est assez rapide. C’est d’ailleurs l’un des endroits privilégiés à exploiter car souvent payant. C’est exactement sur ce même principe que le caledonian se sert de ce qu’il se passe en milieu nature. Cette zone de la rampe est la zone où le courant approche de sa vitesse maximale et la zone de dépression se fait de plus en plus ressentir de part l’effet venturi. Du fait de ce rétrécissement, le niveau de l’eau dans la rampe s’élève légèrement et accentue l’effet de dépression par la masse même de l’eau en mouvement. L’ensemble de ces forces renforce la puissance du vortex, accentuée par un courant quasi rectiligne au dessus des riffles. C’est dans cette zone que les 80% de l’or circulant dans la rampe sont piégés.

C/ Les riffles en triangulaire excentrés vers l’arrière :

20161010_172543

La plus grande hantise d’un orpailleur est que l’or passe la rampe sans être piégé, en particulier l’or fin. Pour résoudre ce problème la dernière partie de la rampe est dotée d’une grande série de riffles de forme triangulaire. C’est également une zone où la largeur de la rampe s’agrandit progressivement. Cette élargissement diminue l’effet de dépression derrière chaque piège (effet Venturi) mais la hauteur d’eau accumulé juste avant dans la partie étroite de la rampe, permet de conserver l’énergie cinétique de l’eau et entretien la puissance des vortex. Du fait de l’angle de riffles plus élevés (comme un tremplin) et de cet élargissement, le vortex gagne en hauteur mais se raccourcie derrière les riffles favorisant la captation des particules d’or les plus fines.

20161010_172551

L’arrière de la plus part des riffles sont en forme d’escalier et non pas droite comme on peut le voir traditionnellement sur ce genre de rampe. Cette forme d’escalier permet de modeler le vortex afin qu’il prenne une forme plus allongé vers l’arrière pour gagner en efficacité et assurer un brassage optimal des graviers se retrouvant piégés.

Sans titre

On peut apercevoir sur cette photo le gravier lourd piégé derrière les riffles, et les particules légères virevolter par les courants.

Vous l’aurez compris, le caledonian est une rampe qui a été beaucoup travaillé afin de répondre aux différentes problématiques que l’on peut rencontrer lorsqu’on utilise ce genre de rampe sans tapis dont la principale est de piéger toute forme de paillettes.

2/ Comment bien utiliser un caledonian ?

20160909_132130

Si le poids du caledonian est un atout pour le transport où sa manutention lors du nettoyage, sa mise à l’eau peut parfois donner des sueurs froides car il peut très facilement se faire entrainer par le courant. Pour bien caler le caledonian, il faut choisir un emplacement avec du débit. Fabriquez un lit de gros galets pour positionner la rampe au dessus. Les plats-bords latéraux sont justement fait pour que la rampe soit calée dans le lit et accueillir au dessus des galets pour assurer son positionnement et son maintien.

Cette rampe a besoin de courant pour fonctionner et générer des vortex. Aussi il faut savoir positionner dans le courant sa rampe pour bien la faire fonctionner. La hauteur d’eau ne doit pas excéder 3 cm de haut (soit 2 doigts). Placer la rampe face au courant (surtout pas de biais).

Pour le débit, il faut qu’il soit suffisant (ni trop fort ni trop faible). S’il est trop fort, l’or n’aura pas le temps d’atteindre le fond et ne sera pas piégé. Trop faible, tous les graviers vont engorger les riffles et sera lessivé par le courant. L’astuce pour connaitre le bon debit est de faire circuler une petite pelleté de graviers et de vérifier que les graviers « dansent » et vibrent derrière la dernière riffle. Le dernier riffle étant l’endroit où la vitesse de l’eau est la plus lente dans la rampe, lorsque les graviers vibrent, c’est qu’ils sont dans l’œil du vortex et donc que le tri des particules lourdes et légères se fait. Donc pour éviter d’avoir un débit trop faible, il faut vérifier la vibration des graviers dans cette dernière riffle. Pour vérifier, cette fois, si le débit est trop fort, il faut vérifier si à la première riffle triangulaire, dans la zone la plus étroite de la rampe, qu’il n’y ait pas de turbulences au sommet de la riffle. Pour faire varier le débit, jouez sur la quantité d’eau d’entré et la pente pour faire accélérer ou ralentir le débit dans la rampe.

Pour que son utilisation soit efficace, il vaut mieux tamiser le gravier au préalable entre 0.6 et 0.8 mm. Ce n’est pas une obligation mais c’est préférable.

Lorsque vous alimentez la rampe en gravier, ne posez pas tout une pelleté directement sur le tapis en caoutchouc. Préférez de pulvériser les graviers sur toute la largeur pour un meilleur débourbage et répartition dans la rampe.

Dans ces conditions, il est préférable de nettoyer la rampe au bout de 2 heures maximum. Avant de la sortir de l’eau, laissez la2-3 minutes dans l’eau afin de laisser finir le tri du dernier chargement. Sortez la rampe hors de l’eau en la laissant bien à l’horizontale. Posez votre pan ou seau au sol. Posez l’arrière de la rampe à la verticale sur votre contenant et versé l’équivalent d’1L d’eau sur la partie avant pour ainsi récupérer les sables aurifères.

Il ne reste plus qu’à découvrir le résultat en finissant au pan.

La version SUPER a exactement la même forme que le CLASSIC, seul la taille change.

La version MINI par contre à le même agencement de riffles que les autres sluices plus grand sauf qu’il a les bord parfaitement parallèles, et comme son nom l’indique, il est beaucoup plus petit, idéal pour la prospection.

 

voici quelques videos de la gamme des sluices caledonian.

 

 

Vous serez intéressé par:

magazine de détection le fouilleur n°68

Le Fouilleur 68 est en kiosque

Le Fouilleurn°68 est en kiosque à partir du 8 Aout //. Dans ce numéro de 64 pages, retrouvez toutes

Lire la suite...
dossier comparatif les battées et pans

Les pans et battées: comment choisir l’outil qu’il vous faut

Le pan est l’outil indispensable dont vous avez besoin pour débuter en orpaillage. Quel est donc la différence entre

Lire la suite...
magazine de detection le fouilleur 67

Le Fouilleur 67 est en kiosque

Le Fouilleurn°67 est en kiosque à partir du 9 mai 2018 //. Dans ce numéro de 64 pages, retrouvez toutes

Lire la suite...

Mobile Sliding Menu