[Théorie] Où Chercher L’Or ? [1/2] cas théoriques …

Dans Orpaillage
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L’Or, Où est tu ?

  • Numéro atomique : 79
  • Symbole : Au
  • Masse volumique : ~19,3 g·cm-3

L’or a toujours été recherché par l’homme depuis que celui-ci a su travailler les métaux. Il l’a placé dans les matériaux dit « précieux » tant sa présence est rare et le travail nécessaire pour l’extraire, difficile et fastidieux. Aujourd’hui encore, les moyens utilisés peuvent être conséquents avec un cout écologique non-négligeable. Heureusement, en France, malgré sa rareté, l’orpailleur peut l’extraire sans trop de contraintes administratives (tout du moins pour l’instant) dans un cadre d’un loisir. Mais pour celui qui se lance dans l’aventure de l’orpaillage, la première question qui lui vient à l’esprit c’est « d’où vient il ?, où puis je le trouver ? ».

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Voici la question à laquelle nous allons tenter de répondre de façon très théorique. Pour cela, nous allons nous appuyer sur des principes physique sur des images simplifiées. Mais parfois, la théorie ne s’applique pas comme elle devrait, et seule l’expérience sur le terrain paye.

1/ les origines :

Pour un orpailleur amateur, le moyen le plus simple est de chercher dans un cours d’eau aurifère, généralement à proximité de massifs montagneux. Aussi, la répartition des rivières aurifère est assez inégale. On en trouve dans les pyrénéens, le massif du Jura, les alpes et le massif central cours. Il y a aussi des zones aurifères à plaine comme la Bretagne pour ne citer qu’elle. Mais on en trouve aussi dans des zones que seuls les initiés connaissent comme par exemple certaines plages de Bretagne et de Gironde.

De par l’érosion, l’eau arrache à la terre diverse matériaux dont ce précieux métal qui se retrouve inexorablement dans le cours les rivières. L’activité des crues permette de déplacer l’ensemble des matériaux. Mais avant cela cet or vient bien de quelque par ?

A l’origine, l’or est formé lors de la naissance des montagnes. Les mouvements des plaques tectoniques lors de la genèse de notre planète, ont provoqué une immense quantité de friction et de pression libérant énormément d’énergie. L’or est monté sous forme de vapeurs avec les minéraux lourds (carbone) et s’est cristallisé dans les veines et fissures de la roche. Très souvent on retrouve l’or en association avec un autre minéral : le quartz qui fait office de substrat, remplissant les fissures ou les failles de certaines formations rocheuses. C’est pourquoi on parle souvent de veine de quartz et d’or.

Gold in Quartz. Empire Mine. Grass Valley, Nevada Co, Calif. (Collection of the National Mining Hall of Fame and Museum. Leadville, Colo.)

Comme évoqué plus haut, l’érosion met à découvert certain gisement. La roche mère se trouve alors attaqué par l’action mécanique de l’eau dans les rivières (un autre article parlera de ces procédés d’érosion plus en détail), qui fini le travail de désagrégation de la roche libérant l’or sous forme de points, paillettes, grain et pépites.

Au grès des crues, l’or et les autres matériaux vont se déplacer de la montagne vers les cours d’eau inférieurs. L’or se déplace également sous forme d’ion dissout dans des eaux acides puis précipitent au contact de roches basiques comme le schiste. Cette dernière forme fait d’ailleurs preuve d’études, encore aujourd’hui.

 

2/Or, où es tu ? Or, que fais-tu ?

Si vous regardez le début de l’article sur les caractéristiques chimiques de l’or, sa masse volumique est mise en évidence. ~19,3 g·cm-3 . Vu que nous parlons uniquement de caractéristique physique, nous considérons que la masse volumique = densité. Nous allons donc nous attarder sur les caractéristiques du poids d’une particule évoluant dans un milieu aquatique en mouvement car c’est la clé du problème.

Dans nos rivières, l’or est le métal le plus lourd. Aussi, tant la prospection que son extraction à proprement parlé, est toujours basé sur le fait que l’or sera le matériau le plus lourd. L’or suit le courant selon un certain chemin qui se nomme « la gold line » et parfois se retrouver piéger. Cette gold line a une certaine particularité. Elle est constituée des matériaux également lourds (ferrites, magnétites, hématies, l’or et tout autres débris d’origine ferreuses). Tout cet ensemble se déplace très lentement selon certaines configurations du terrain. Ces matériaux se retrouve piégés par les différents obstacles naturels. C’est justement ce que nous allons voir par la suite.  Le courant, quant à lui, joue un rôle primordial dans cette équation car tout est basé sur un principe physique que tout le monde connait : la poussé d’Archimède. Non pas que l’or flotte. Ce qui nous intéresse, c’est surtout le déplacement des sables lourds par rapport au reste des alluvions.

Au final, L’orpaillage n’est rien de plus qu’un exercice de physique qui utilise plusieurs principes bien connu. Le but de l’orpailleur sera donc d’arriver à comprendre le comportement du cours de la rivière afin de déterminer les endroits où l’or aurait pu se faire piéger et l’extraire. C’est ce qu’on appelle « lire l’âme de la rivière ».

NB : Toutes ces explications ne sont que théorique. Il arrive que la réalité du terrain soit tout autre. C’est aussi la magie de l’orpaillage. En réalité, ce n’est pas de la magie, c’est de l’expérience.

 

3/ La gold line :

Si vous discutait avec un orpailleur, Vous entendrez de sa bouche ce mot : « gold line ». Ce n’est rien de plus que le chemin qu’emprunte l’or à travers le courant. Sa grande densité (donc son poids) fait qu’il va suivre un chemin bien spécifique. D’une façon générale, l’or va suivre le chemin le plus court. Un débit plus important, comme pendant une crue, peut modifier ce chemin sensiblement en fonction de la configuration du lit rocheux (bed rock). Ces crues charrient aussi bien l’or que les graviers et galets. Lorsque la crue se calme, l’ensemble des objets en mouvement se déposent dans des zones bien spécifiques. Ces zones sont des zones de basses pressions, un ralentissement brusque du courant. L’or, étant plus lourd, il aura tendance à se déposer en premier sur ces zones d’accalmies. C’est justement l’étude de ces zones qui va permettre au prospecteur de trouver  «Le spot ».

 

NB : Heureusement, l’or ne se déplace pas seul. Il existe aussi d’autres matériaux denses (moins que l’or) qui permettent de le repérer (le sable noir, les grenats). Le sable noir (car c’est ce que l’on croise le plus souvent) est un sable qui est chargé à minéraux ferreux comme  des magnétites ou hématite. Quelques déchets peuvent aussi accompagner l’or comme du fer rouillé ou des plombs de pèches. La présence de ces éléments est  souvent le signe que vous aurez de grande chance de trouver de l’or à cet endroit.

 

4/ Les différentes configurations favorisant les dépôts d’or :

4.1/ les méandres :

La première zone générant une baisse de pression du courant est le méandre, et plus largement une courbe.

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Dans un méandre, il y a un dépôt de galets qui se forme sur la partie intérieur. Dans une rivière aurifère, les dépôts d’or se fond sur ces bancs de graviers. Ces placiers, tels qu’on les nomme, sont constitués de galets, de graviers, d’argiles. L’or et les cailloux étant lourds, ils vont chercher à se déposer à l’endroit où le courant est le moins rapide (surtout en temps de cru). C’est donc sur la berge coté intérieur que le dépôt se fera. Il y a le courant que l’on voit mais il y a aussi pas mal de choses qui se passe au fond de l’eau. Car si la gold line suit la partie intérieur de la courbe, c’est aussi parce qu’il y a un courant tourbillonnant qui va de la berge extérieur (zone d’érosion) vers l’intérieur (zone de dépôt). En temps de crue, l’ensemble de ces courants sont d’autant plus rapide et puissant, ce qui va modifier le parcours de la gold line. C’est ainsi que la berge extérieure s’érode avec un courant plus rapide et alimente le placier en roche voir en or, à l’intérieur.  Généralement, c’est à l’avant du placier que l’on trouvera la plus grande concentration d’or et de gros galets. A l’inverse, les sables les plus légers se déposeront à la fin souvent stérile. C’est un phénomène de décantation par gravité.

NB : lors des crues, le débit étant plus important, les courants le sont tout autant et influencent grandement mouvement des matériaux.

5.2/ Le rocher :

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Les rochers sont également de très bon piège à or. Du moment qu’ils se trouvent en contact avec le courant lors des crues ou de façon permanent. Cet obstacle va créer des turbulences dans son sillage. Ces turbulences vont perturber la vitesse du courant provoquant une zone de basse pression et le courant va brusquement diminuer. Les turbulences vont également jouer un rôle de tri, retenant les matériaux les plus lourds juste derrière l’obstacle et libérant les plus légères. Comme précédemment (et c’est valable dans tous les cas), la variation du débit va influer sur la puissance des courants et donc sur la capacité de l’obstacle à capter l’or.

 

5.3/ Les obstacles en bord de berge :

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Autre cas très fréquent, un rocher, un tronc d’arbre arraché ou tout autre obstacle se situant sur la berge et débordant  dans l’eau aura le même effet que précédemment. Toujours sur le même principe, l’obstacle fait opposition au courant. Il modifie une partie de la trajectoire du courant initial en générant derrière lui un tourbillon et un ralentissement de la vitesse de l’eau dans cette zone. la capacité de dépôt est encore plus importante à cet endroit car la berge amplifie l’effet et donc accentue l’accumulation de matériaux lourds. Il est intéressant de noter que si l’obstacle présente des irrégularités sur sa surface, ce sera d’autant plus de pièges pour l’or à prospecter.

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5.4/ Les berges irrégulières :

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Il est rare de trouver des berges parfaitement parallèles en milieu naturel. Dans ce cas présent, nous avons une berge qui présente un rétrécissement du cours d’eau puis un élargissement. En mécanique des fluides, on appelle ça « l’effet VENTURI ». Pour faire simple, ce rétrécissement fait accélérer le courant et l’élargissement qui s’en suit créait un ralentissement brusque et donc une baisse de pression. Et qui dit « baisse de pression » dit « dépôt des matériaux lourd » donc de l’or. Dans ce genre de configuration, il est nécessaire de travailler en milieu aquatique pour récupérer les graviers sachant que la zone de prospection et d’extraction peut être très vaste.

 

Les zones de confluents :

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Un confluent est l’endroit où un cours d’eau se jette dans un autre. Dans les conditions où le cours d’eau principale garde une trajectoire rectiligne, l’arrivé d’un autre cours d’eau en travers aura un impact sur le chemin de la gold line. A ce croisement, le courant du bras adjacent rentre en contact avec le courant du bras principal, beaucoup plus fort. Ceci aura pour effet de faire dévier tous les matériaux charriés vers la berge opposé ainsi que la gold line. La provenance de l’origine de l’or (bras principal et/ou adjacent) n’aura aucun impact sur le dépôt.

 

Nous venons de voir les principales conditions de dépôt de l’or mais il se passe également des choses si on s’intéresse à ce qu’il se passe sur le bed rock et sous l’eau. Le lit du cours d’eau est loin d’être lisse et parfaitement plat et c’est sur cette surface irrégulière du lit que circule la gold line. C’est donc sur le bed rock que l’orpailleur doit travailler en priorité car le bed rock (roche mère ou substrat rocheux) est une surface qui reste stable malgré le courant (contrairement aux graviers et galets). Heureusement, il y a certaines prédispositions particulières qui permettent de piéger l’or.

 

5.5/ Le rocher ou galet immergé :

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Dans l’eau, l’obstacle le plus commun à prospecter est les rochers ou les gros galets. En réalité ce n’est pas ce qu’il manque. L’idéal, avant toute chose, c’est de se poser la question « en cas de crue, va-t-il être emporter ou pas ? ». Car s’il est susceptible de rester sur place, on aura de grande chance de trouver de l’or. il faut également noter que des forment irrégulières du bed rock ayant cette configuration aura tristement le même effet. Ce genre d’obstacle a un effet bien particulier sur le courant. En opposition, il dévie le courant tout autour de lui et générer dans son sciage un tourbillon, plus précisément un vortex. Comme vu précédemment, ce vortex va capter les matériaux emportés par le courant et va procéder un tri. Seules les particules les plus lourds resteront au contact de la roche, à l’abri des tumultes du vortex et le reste sera éjecté.

 

5.6/ Effondrement du bed rock :

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Par endroit, vous pourrez remarquer que le bed rock prend de la profondeur. Le volume d’eau devient plus important et la vitesse du courant diminue. Ce ralentissement est un facteur favorisant les dépôts de matériaux. Les galets se stabilisent dans cette zone de dépression et joue, à son tour, le rôle d’obstacles. Il sera alors intéressant d’aller chercher les graviers aurifères derrière ou sous les galets les plus gros. L’objectif pour l’orpailleur sera d’atteindre le bed rock sous les galets. Quand le plancher du bed rock remonte, on a alors un phénomène d’érosion sur cette partie pouvant aussi capter l’or et les sables lourds.

5.7/ Les marmites :

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La marmite est le nom que l’on donne, dans le milieu de l’orpaillage, pour décrire un trou dans le bed rock ou dans un rocher immergé. Ce trou provoque un vide qui, avec la vitesse du courant, va créer un vortex. Comme à chaque fois, ce vortex va capter et trier les matériaux.  Ces marmites sont très recherchées par les orpailleurs car ils savent qu’ils vont trouver de l’or et parfois en grande quantité. Cependant, il peut parfois être difficile à localiser car il arrive que la marmite soit complètement colmaté et paraitre invisible. Lorsqu’on exploite une marmite, le plus intéressant se trouve au fond car la concentration en or et en sable lourd est souvent plus importante qu’ailleurs.

 

5.8/ Les failles :

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Si le bed rock parait généralement lisse et glissant, sa structure même ne l’est pas. Le bed rock peut se comparer à un ensemble de dalles posés les unes à coté des autres avec des écartements variables. Il arrive aussi que certaine « dalles » de bed rock présente des fissures, même infimes. Tout ces espaces se nomment des failles ou fissures. De profondeurs et de formes variables, c’est un terrain très intéressant à gratter. Les failles ont le même effet qu’une marmite mais à une échelle beaucoup plus petite. Curieusement c’est souvent dans les failles que l’on trouve les plus grosse paillettes (voir pépites). Mais l’extraction est souvent difficile car les cailloux ont tendance à se bloquer dans les failles et demande du matériel spécifique (crochet). Mais comme toujours la persévérance paye.

 

Pour conclure, il faut juste garder en tête que le courant est l’énergie qui permet toute forme de dépôt d’or. Ce dépôt se fait soit par la création d’un vortex du à un obstacle, soit par un ralentissement même du courant qui créé un phénomène de décantation des matériaux sous l’effet de la gravité. Ce qui différencie un bon prospecteur d’un mauvais, c’est son aptitude à décrypter ces phénomènes dans le milieu naturel. Mais la nature nous réserve bien des surprises et l’expérience nous montre que la théorie est souvent mise à mal dans certain cas.

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